AFEMAC

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Axes et propositions de notre programme
Le droit à la mobilité

Même si elle est traversée d’Est en Ouest par la route régionale n° 212 reliant Imintanout et Marrakech, la commune de Mzouda est très enclavée. La plupart des douars appartenant à son territoire sont reliés à l’axe routier principal et entre eux par des pistes de terre peu praticables en hiver et par temps de fort orage. L’axe routier principal mène de la route régionale n° 212 au douar de Bouzouga. Même s’il a été restauré à notre demande à la fin de 2013, cet axe est peu satisfaisant et mériterait un revêtement goudronné. Et les très nombreuses pistes sont constamment encombrées de pierres.


De plus, le secteur du transport local est non organisé. Le transport des personnes et des marchandises est assuré par un certain nombre de transporteurs informels sans agrément (camions et camionnettes). Les pistes sont empruntées par les motos et les ânes, les troupeaux de moutons en quête de parcours, bon nombre d’enfants joueurs et des personnes à pied.


Nos propositions pour le droit à la mobilité

Le douar d’El Hamri attendait depuis longtemps la transformation de la piste de 8km reliant la route régionale 212 au douar de Bouzouga, laquelle avait été programmée dans le Plan d’action pour la commune de Mzouda en 2011. Grâce à nos interventions auprès de M. Les Gouverneurs provinciaux de Chichaoua en février et novembre 2012, l’oubli a été réparé fin 2013. .


Au-delà du cas du douar d’El Hamri, la Commune de Mzouda attend un certain nombre d’améliorations que nous voulons soutenir :


  • Aménager peu à peu les pistes les plus importantes de la commune ;

  • Aménager complètement la piste principale reliant El Hamri à la nouvelle route provinciale 212- Bouzoga en route si possible goudronnée, ce qui représente 2Km de route jusqu’à l’école centrale d’El Hamri ; prolonger jusqu’au douar d’ Ygafayne (3km) .

  • Construire les ponteaux qui sont indispensables ;

  • Créer un corps d’agents de voirie entretenant les liaisons inter-douars internes à la commune de Mzouda ;

Le droit à l’eau et à l’assainissement

Actuellement, 81% de la population marocaine a un accès à l’eau potable pour la consommation urbaine, mais ce chiffre chute à 56% pour la population rurale. Le climat de la commune de Mzouda est aride, la température moyenne étant de 22° (entre 3 et 40° selon la saison), et la pluviométrie faible et irrégulière, d’une moyenne de 200mm par an. La question de l’eau est donc une question vitale à Mzouda.

Elle passe par la généralisation des châteaux d’eau et des puits et une reconsidération du fonctionnement des séguias (canaux d’irrigation des parcelles) dans le contexte du nouveau barrage L’eau potable ne concerne que 40% des ménages de la commune, ce qui constitue un grave problème. La commune de Mzouda n’a pas bénéficié du PAGER (plan alimentation du monde rural en eau potable). On se débrouille alors avec les sources naturelles (il y en a une à El Hamri), les puits, l’oued (souvent à sec) etc…


Nous avons entrepris un programme intégré concernant l’utilisation de toutes les ressources en eau : eaux d’irrigation, eaux de consommation, eaux de pluie. Dans cette perspective, nous collaborons avec l’Agence du Bassin Hydraulique du Tensift et les représentants allemands de la GIZ et d’AGIRE.


Nos propositions pour l’eau
et l’assainissement à Mzouda

A cause d’un climat aride, les prévisions officielles font état de 35% de la population marocaine sous le seuil de 500m3/personne/an (condition de grand stress hydrique) d’ici à 2020. Actuellement, l’eau de consommation et l’eau d’irrigation sont insuffisantes à El Hamri. Et le réseau d’AEP de Tamatoust – El Hamri – Tazad doit impérativement être restauré. En matière d’assainissement, la commune de Mzouda est dépourvue d’un mode d’évacuation des eaux usées par branchement direct à l’égout. D’où le problème d’évacuation des eaux usées, ce que la majorité des ménages essaie de surmonter en utilisant des fosses septiques, alors que d’autres les déversent dans la cour ou dans la rue. Nos propositions dans le domaine de l’eau et de l’assainissement sont multiples :


  • Construire des infrastructures d’adduction d’eau potable dans les 3 douars très proches d’ El Hamri, Tamatoust,Tazad ; prolonger par la suite l’opération vers igafayne, Dahra, Solkiat Soltan ;

  • Concrétiser l’étude concernant l’assainissement liquide du réseau des trois douars d’El Hamri, Tamatoust, Tazad  auquel on peut ajouter un quatrième douar ;

  • Avec l’Agence du Bassin hydraulique du Tensift et avec les organismes allemands la GIZ et AGIRE, mener à terme une expérience pilote de récupération des eaux de pluie à El Hamri ;

  • Etudier la possibilité d’implanter une unité de traitement des déchets dans la commune de Mzouda, la pollution atteignant la nappe phréatique ;

  • Créer et renforcer les capacités des organisations d’usagers, des comités de gestion des points d’eau pour qu’ils fonctionnent en véritables services de maintenance ;

  • Mener des campagnes de sensibilisation à l’indispensable qualité de l’eau et à l’hygiène ;

  • Former les petits agriculteurs au système d’irrigation par le goutte à goutte et à la récupération des eaux de pluie.

Le droit à l’alimentation de base


Il faut permettre aux agriculteurs de s’engager dans une autre pratique agricole qui soit à leur portée, qui ne leur semble pas trop compliquée et qui reste peu coûteuse. Comme l’obstacle majeur à leurs yeux est l’absence d’eau, il faut leur apprendre tous les moyens d’économiser l’eau, de récupérer les eaux de pluie. Il faut aussi leur apprendre à fertiliser de façon naturelle le sol.

  L’agriculture est l’activité principale de la majeure partie des habitants et la source de leurs revenus. Il s’agit d’une agriculture qui fonctionne pour l’autosubsistance. Les moyens de production utilisés par les fellahs sont archaïques. L’énergie humaine et animale est la force productive essentielle. L’énergie mécanique, malgré son usage qui commence à être introduit, est encore insignifiante. La faiblesse de la pluviométrie (moins de 200mm par an) et l’exiguïté des superficies agricoles cultivables constituent les principaux problèmes de cette activité agricole.

Le rapport du nombre d’exploitants (1837) à la superficie irriguée (6350 ha) donne une moyenne de superficie d’environ 3,4 hectares par agriculteur. Le nombre de parcelles est estimé à 10031 parcelles, soit une moyenne de 5 parcelles par exploitant. Le système de production se caractérise par une monoculture. Il porte essentiellement sur la culture des céréales comme le blé et l’orge (90% de la superficie cultivée) et quelques plantations fruitières (amandiers, oliviers, abricotiers). La majorité des terres sont exploitées selon le mode de faire valoir direct, c’est-à-dire qu’elles sont gérées par les personnes qui en sont propriétaires ou copropriétaires. Les agriculteurs travaillent donc en grande partie pour leur propre compte.

Le secteur agricole dans la commune de Mzouda se caractérise donc par son aspect traditionnel : faible utilisation des machines agricoles, des semences sélectionnées, des engrais et produits phytosanitaires ; abondance de la main d’œuvre familiale. C’est une agriculture de subsistance dominée par la culture des céréales destinées à l’autoconsommation (subsistance de la famille et alimentation du bétail). C’est beaucoup plus un secteur de maintenance de la pauvreté qu’un secteur d’amélioration des conditions de vie de la grande partie de la population qui s’y refugie.


Et malheureusement, cette agriculture locale ignore les potagers, la culture biologique, la diversification des légumes et des arbres.

Nos propositions pour l’auto-alimentation

C’est l’ensemble du système agricole local qu’il faut changer Nous proposons :


  • Introduire l’agroécologie en lieu et place de l’agriculture traditionnelle improductive ;

  • Former la population, en commençant par les femmes, à la pratique des jardins familiaux agroécologiques, multiplier dans chaque douar les jardins pilotes, lancer un groupe de femmes semencières ;

  • Créer un groupe expérimental de 30 agriculteurs s’engageant avec notre association dans l’agroforesterie ;

  • Multiplier les plantations d’arbres, les pépinières de plants et les semences bioreproductibles ;

  • Apprendre à économiser l’eau par le goutte à goutte, la récupération des eaux de pluie.le paillage et la technique du bois raméal fragmenté

  • Engager les agriculteurs dans un réseau solidaire ouvrant la porte à une agrégation des acteurs.

Pour atteindre ces objectifs, nous créons progressivement un Centre de formation, un Jardinet d’application, un Jardin pilote et un Centre d’éducation à l’environnement et au développement durable.
Le droit à l’éducation

Notre association veut permettre à l’éducation scolaire dans la commune de Mzouda, plus précisément dans les 6 écoles composant l’ensemble scolaire d’El Hamri, de jouer pleinement son rôle d’insertion sociale dans le développement et de moyen de lutte contre la pauvreté. Les difficultés y sont très importantes. Les indicateurs montrent qu’il y a 72% d’analphabètes dans la population de Mzouda âgée de 10 ans et plus (59% chez les hommes, 84% chez les femmes), ce qui dépasse largement la moyenne provinciale (67%), régionale (52%) et nationale (43%). Chez les personnes âgées de 50 ans et plus, ce taux atteint même 93%. Ces chiffres indiquent que la commune est très en retard en termes d’éducation de la population. Le niveau d’instruction de la commune est très faible : 72% n’ont jamais été à l’école et 20% de la population a un niveau primaire. La proportion atteignant le secondaire est de 1,4% !
Les taux d’abandon et de déscolarisation – surtout chez les filles – sont très forts. Ils sont estimés à 50%. Les raisons en sont l’éloignement des écoles des douars enclavés ; leur délabrement et le manque de sanitaires, d’eau et d’électricité ; l’incapacité des parents à assumer les frais de scolarité ; la résistance culturelle très forte des ruraux à scolariser les filles ; la perception très négative chez beaucoup de parents du système éducatif. Au total, sur 100 élèves inscrits en première année de primaire, seuls 10 atteignent la sixième et dernière année. Il n’existe pas vraiment d’enseignement préscolaire, sauf dans des écoles coraniques.


La faiblesse des infrastructures scolaires est très importante. La commune comptait en 2008 un ensemble de 25 écoles avec 97 enseignants pour 2487 élèves.

Nos propositions pour le droit à l’éducation


Notre projet d’aide à l’ensemble scolaire d’El Hamri concerne le niveau matériel, le niveau pédagogique et le niveau sanitaire. Sur le plan matériel, nous essayons plusieurs opérations :


  • Apporter une aide matérielle régulière en fournitures scolaires ;

  • Trouver des financements pour restaurer des classes, créer ou améliorer des sanitaires, créer ou améliorer des terrains de jeux. Nous avons ainsi obtenu la création de nouveaux sanitaires à Dahra et El Hamri et nous envisageons la création de sanitaires à Tamatoust et Sokiat Soltan.

  • Faire restaurer ou créer des salles de classe pour ouvrir au moins une classe d’enseignement préscolaire dans le groupe d’El Hamri ;

  • Créer ou restaurer les logements de fonction des enseignants. A El Hamri, un bâtiment de trois logements a ainsi été ouvert fin 2015.

Sur le plan pédagogique, en partenariat avec des fondations et associations marocaines comme avec la Délégation provinciale Education, nous proposons :

  • Essayer de rescolariser les jeunes ayant abandonné prématurément l’école ;

  • Apporter le soutien scolaire aux enfants en difficulté ;

  • Engager les adultes dans des programmes d’alphabétisation, d’information sur la santé

  • Créer une ludothèque pédagogique dans notre Centre de formation ;

  • Favoriser l’éducation à l’environnement et à l’agroécologie chez les élèves par le moyen d’un jardinet pédagogique et chez leurs parents par la possibilité qui leur est donnée de se former gratuitement à l’agroécologie avec notre association.

  • Former les enseignants d’El Hamri à l’agroécologie, pour qu’ils motivent leurs élèves sur l’importance du jardinet agroécologique réservé aux écoles.

Le droit à la santé

Sur le plan sanitaire, nous essayons de pérenniser nos caravanes médicales en mettant fortement l’accent sur la pédiatrie comme sur l’alimentation saine des enfants.


L’accès aux soins en milieu rural marocain pâtit de plusieurs maux : enclavement, pauvreté, inégale répartition des médecins, manque de spécialistes, de matériel et de médicaments. Dans la province de Chichaoua, il existe un seul hôpital de 50 lits pour 350 000 habitants, 2 centres de santé urbains, 15 centres de santé communaux avec accouchement, 18 centres de centres de santé communaux, 10 dispensaires ruraux. Sur l’ensemble de la province, on compte dans le secteur public 58 généralistes, 12 spécialistes et 1 seul chirurgien dentiste ! La commune de Mzouda souffre donc de tous ces maux, qui sont encore aggravés pour la population des douars de montagne, qui doit parcourir une distance de plus de 20 kilomètres. Par ailleurs, 25% de la population de la commune doit faire plus de 10 km sur des pistes peu carrossables pour accéder aux soins. Et pour les 22000 habitants, on dénombre seulement un centre de santé situé au chef-lieu Sebt des Mzouda, un dispensaire rural au douar de Bouzouga et un autre à Guern Alla. Le manque de personnel dans cette commune est patent : un médecin pour plus de 15 000 personnes, alors que la norme internationale est d’un médecin pour 5000 habitants. De plus, toutes les prestations sanitaires se font sur place au sein du centre de santé car le service mobile est inexistant, faute de moyens de transport et de coordination avec les services de la commune.
En dehors des heures normales de service, il n’y aucune permanence. Quant à la seule ambulance existante elle ne fonctionne pas souvent à cause des pannes ou du manque de gazoil qui doit être fourni par la commune. Ainsi, pour se rendre au centre de santé, les malades des douars de montagne doivent compter sur leurs propres moyens. Il faut ajouter que la quantité de médicaments fournie par la délégation provinciale de la santé demeure insuffisante par rapport aux besoins de la population. Deux pharmacies sont ouvertes à Sebt des Mzouda, le chef-lieu de la commune, mais les populations, en majorité pauvres, n’ont pas les moyens d’acheter les médicaments. Dans ces conditions d’extrême rareté de la couverture sanitaire, la mortalité infantile (227 pour 100 000) et maternelle (40 pour 1000) est élevée, surtout dans les zones de montagne. 40% des Marocaines accouchent encore à la maison.

Quelques améliorations existent cependant. Le Régime d’assistance médicale ( RAMED) est opérationnel depuis janvier 2013.

Il devrait apporter les services de base à près de 8,5 millions de citoyens défavorisés, à condition que les actes médicaux soient pratiqués dans les hôpitaux publics et centres de santé de l’Etat et qu’il y ait passage devant le médecin généraliste. Mais les citoyens ayant un dossier à remplir, l’illettrisme de la plupart devient un grave obstacle à la possibilité de déposer son dossier. Notre association les aide sur ce point.


Nos propositions pour la santé

Il serait inimaginable de vouloir améliorer de façon solitaire et autonome l’accès à la santé des populations de la commune de Mzouda et au-delà. C’est pourquoi nous voulons fonder un partenariat solide entre les services du Gouverneur provincial, notamment la Délégation provinciale de Santé, les établissements de santé (hôpital de Chichaoua, centres de santé et dispensaires ruraux), les associations surtout régionales de médecins et notre association. Ce réseau nous paraît essentiel pour définir les actions à mener de façon pérenne, chacun à sa place. Il n’est pas de notre responsabilité de nous occuper de la création d’établissements de santé et de la nomination de médecins. Ces questions relèvent de l’Etat et du Ministère de la Santé. Notre rôle est d’améliorer à notre mesure les services de santé existants et de proposer des expériences-pilotes acceptées par les membres du réseau mis en place.



En partenariat avec des associations et ONG internationales et dans le respect des réglementations marocaines, nous chercherons à remédier à la pénurie de médicaments et de matériel médical dans la province de Chichaoua.



Nous veillerons toujours à avoir les autorisations du Ministre de la Santé comme du Gouverneur de Chichaoua, à demander l’exonération des frais de douane, à proposer du matériel médical de qualité, à disposer d’une attestation des donateurs, à tester le recours aux importateurs et distributeurs de matériel médical.
Nous évitons les caravanes occasionnelles et organisons avec nos partenaires médecins et infirmiers des caravanes médicales pérennes, d’abord sur un nombre restreint de douars autour d’El Hamri, ensuite sur l’ensemble de la commune de Mzouda. Partant d’une caravane initiale de diagnostics, nous programmons ensuite des caravanes thématiques (cardiologie, pédiatrie, gynécologie, etc…). Nous voulons ainsi entreprendre un travail de fond pour que la population vive l’expérience d’un suivi médical sérieux.

Enfin, il nous paraît indispensable d’engager  sur la commune de Mzouda l’expérience-pilote de la création d’un corps « la création d’un corps d’agents relais » et de participer activement à leur formation.


Le siège social d’El Hamri sera le lieu de formation de ces agents de santé, sauveteurs volontaires de proximité qui seront formés gratuitement.


Le droit aux activités
génératrices de revenus

Lancée en 2005 au Maroc, l’Initiative nationale de Développement Humain (INDH) prône les Activités génératrices de revenus (AGR). En milieu rural ou urbain, ces AGR sont des activités économiques qui peuvent bénéficier du soutien technique et financier de l’INDH. Elles doivent répondre à des critères précis :


  • D’abord, la population bénéficiaire doit être constituée de personnes qui souffrent de pauvreté et d’exclusion, ou qui vivent dans une grande précarité et qui doivent voir leur situation s’améliorer grâce aux AGR ; ces bénéficiaires devront avoir, soit une expérience dans le domaine de l’activité envisagée, soit une formation adéquate.

  • Ensuite, le projet doit émaner d’une entité du genre coopérative, association, groupement d’intérêt économique ;

  • Par ailleurs, le projet doit être viable ;

  • Enfin, il existe des règles de financement précises pour les projets éligibles.


Tous les secteurs d’activité sont concernés par ces AGR, pour peu qu’une approche filière y soit possible. A El Hamri, ces secteurs sont d’abord l’agriculture et l’artisanat. AFEMAC veut être l’entité proposant des AGR pour les douars de la commune de Mzouda comme El Hamri et les petits douars proches. La raison en est simple : pour 35 personnes actives hors du foyer, il y en a 65 inactives, ceci en raison de l’importance des femmes qui restent au foyer. Dans ces douars, le travail à l’intérieur est traditionnellement du ressort de la femme alors que celui de l’extérieur revient à l’homme. Nous souhaitons changer progressivement cette situation pour les femmes qui le souhaitent.


Le sous-emploi de la commune, est important du fait de la saisonnalité des activités et à cause de la prédominance de la micro-exploitation familiale et de la faible pénétration des activités secondaire et tertiaire.


L’activité agricole est prédominante (80%), les pratiques y sont archaïques, l’activité n’y fonctionne que pour l’autosubsistance. Dans nos douars, l’artisanat consiste principalement en la fabrication des produits de poterie fondée sur le chauffage au bois. Il s’agit d’une fabrication artisanale traditionnelle de faible valeur ajoutée (des tajines, des amphores et des barbecues), qui se vend au niveau local mais aussi national pour les meilleures pièces. Les potiers de la Commune de Mzouda qui utilisent des fours à gaz obtiennent des pièces de qualité et réussissent ainsi à vendre au niveau national. Les autres activités artisanales sont à caractère rural et familial, donc faiblement développées : broderie, couture, tissage de tapis. Notre association doit tenir compte de cette économie de la commune pour introduire des nouveautés décisives comme l’agroécologie, des innovations techniques (fours à gaz ou fours solaires en poterie) et des changements sociaux comme la coopérative ou le travail en groupe associatif.


Nos propositions pour des activités
génératrices de revenus

Aider les agriculteurs de la commune de Mzouda, c’est pour nous :


  • Les former à une autre conception de l’agriculture comme l’agréocologie en leur proposant des stages gratuits ;

  • Former gratuitement les femmes à la pratique des jardins agroécologiques familiaux et à la connaissance des plantes aromatiques et médicinales ;

  • Former les scolaires par la fréquentation d’un jardinet pédagogique agroécologique ;

  • Développer pour tous l’éducation aux questions d’environnement et de biodiversité.


L’artisanat de poterie de Mzouda mérite une réhabilitation et une diversification.  La couture, la broderie  sont faiblement développées, en raison notamment de  l’absence d’un foyer féminin sur place.  En matière de tissage, la plupart des femmes ont un savoir-faire et développent une activité de tissage pour une utilisation familiale qui  pourrait se développer dans un cadre associatif.    L’artisanat survit difficilement et n’est pas toujours bien connu. Enfin, il semble ne rien exister en ce qui concerne la promotion des artistes locaux.


  • Apporter une aide matérielle aux artisans potiers (fours à gaz) ;

  • Proposer des stages de formation des artisans à d’autres pratiques artisanales de poterie, de tissage, de broderie (arts berbère, marocain, étranger dont français)

  • Soutenir  la création d’une Maison des Créateurs faisant la promotion notamment des artisans/artistes autodidactes et singuliers de la commune de Mzouda et/ou de la Province de Chichaoua.

Le droit à l’habitat décent

La population de la commune de Mzouda est regroupée en ménages à taille relativement peu élevée, de l’ordre de 5 à 6 personnes par ménages occupant leur logement comme propriétaires à 93% .L’habitat à caractère rural est prédominant à 95,5%. La construction des murs est en pisé avec un toit en roseaux recouverts d’argile. La plupart des logements se caractérisent par l’absence de surélevation. Les logements sont généralement spacieux. Le taux d’électrification est d’environ 95%. Mais certains ménages pauvres ne sont pas encore branchés car ils n’ont pas les moyens de payer les frais d’installation (compteur et branchement). 40% des ménages seulement occupent un logement raccordé au réseau d’eau potable. Il n’existe pas de réseau public d’assainissement ni de services des ordures ménagères.


Nos propositions pour un habitat décent

  • Aider les populations les plus pauvres d’El Hamri à bénéficier toutes de l’électricité, de l’eau et de l’assainissement, ce qui est loin d’être le cas ;

  • Introduire peu à peu la cuisson par fours solaires ;

  • Généraliser dans les maisons la récupération des eaux de pluie en faisant installer des systèmes simples fondés sur l’utilisation des matfias familiales et l’étanchéité des toits;

  • Aider à améliorer les cuisines (sols cimentés, plafonds nettoyés) ;

  • Embellir les abords et fleurir les maisons